Martial TAPOLO - Invité 2014

Né sous le coucher du soleil du 25 septembre 1978 à Yaoundé au Cameroun,  Martial Tapolo est ce qu’on peut appeler un couturier atypique, tant dans le parcours que dans le style.  Aux dires de ses proches ce fut un adolescent plutôt difficile à canaliser. Dès son plus jeune âge, il fait déjà montre d’une envie obsessionnelle d’user de ses mains, parfois loin du regard des parents non consentants. Lorsqu’il n’est occupé à bricoler des sculptures, le jeune Martial se passionne pour le dessin, la peinture qu’il réalise sur tous les supports qui lui tombent sous la main. 

 

Après son Baccalauréat A4 obtenu en 1997, il entre à l’université de Yaoundé I en faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines où il opte pour la filière sociologie dans un premier temps, ne s’y sent pas dans son assiette, fait un break, et revient plus tard pour s’inscrire dans la filière Art Plastique et histoire de l’art. Mais tiraillé entre les obligations estudiantines et ses premières créations artistiques qui ne laissent déjà personne indifférente, Martial Tapolo jette vite l’éponge au  cours de sa troisième année universitaire pour se consacrer totalement à ce qu’il aime le plus, la couture. 

 

Il touchera à tous les aspects de l’esthétique vestimentaire. Tantôt entrain de dessiner un model, tantôt entrain d’en réaliser un autre lorsqu’il ne flirte pas avec les plus grands magasins de la place , à la recherche du tissu rare, de la dentelle précieuse, du collier fétiche qui entrera dans la réalisation de son nouveau fantasme. 

 

Lorsque vous entrez dans son atelier de haute couture de Yaoundé ou de Paris, il saute tout de suite à l’œil que l’on est en présence d’un couturier indépendant, très émancipé de la tyrannie culturelle de son pays d’origine, et pas du tout assujetti à la dictature du master dixit de la mode occidentale. Il préfère gambader d’une extrême à l’autre, à la recherche du pas-encore-vu. Sa culture d’origine, les  traditions, les mythes et contes  de chez lui sont pour lui une muse vers laquelle il revient souvent pour puiser la sève inspiratrice, le truc inattendu, l’élément irrégulier ou non conventionnel qu’il usera ensuite à sa guise dans des mélanges osés.

 

Cette insoumission sans laquelle Martial Tapolo n’existerait pas se révèle dans des tenues féminines, toujours richement décorées, qui donnent à voir sur ses murs une majestueuse  valse de couleurs, de tissus, de matières, de pierres, de perles et de strasses… etc.  il trouve de la magie dans toute matière malléable, esthétisable. Mais son dada semble être la soie sous sa forme organdi, taffetas, dupions, brocard, Jaccard, qu’il mélange selon ses envies au raphia, à la toile de jute, aux cuirs reptiliens précieux, avec des touches décoratives en perles, cristaux, pierres semi-précieuses ,  etc.  

 

Il s’impose dans l’univers de la couture avec ses créations , toujours aussi raffinées qu’avant-gardistes sculptées dans un renouvellement perpétuel qui lui    valent  de parcourir le monde et de conquérir d’innombrables trophées et récompenses. Notamment le premier prix d’Afrique Collection à Douala en 2006, le prix du meilleur styliste camerounais (SONOMOD) 2007, premier prix Euroscènecap (festival de mode) en Belgique en 2007, deuxième prix Laboethnic en 2008, etc. Il sera aussi invité à la Kingstone styleweek en Jamaïque, à Camair couture à Londres,  à la Fashionweek de Vancouvert au Canada, collaborera avec Yahya Al Bishri à l’occasion de l’hommage rendu au Derbi , participera  la BFW ,Pragues, Paris, au salon du chocolat,au gala de la croix rouge,  étical fashion show, connection élites paris, gospel fashion show, ghota noir, miss black france....etc...participera aux fashion-week  les plus prestigieuses , dans quasiment toutes les capitales de la mode africaines , et chaque coup marquera sa présence de son esprit singulier....

 

Que ce soit à Yaoundé(ou il a un show room ) ou à Paris, l’intérieur clair-obscur dans lequel il s’endort et se réveille artistiquement , à partir duquel il rêve et se projette,  révèle  un besoin de maintenir l’équilibre entre le ying et le yang, le mystère et la vérité, la puissance et la subtilité. La création c’est pour lui à la fois un jeu, un besoin, un moyen de s’affirmer, ce à partir de quoi il perçoit la femme, la famille, le monde, Dieu. 

 

Entre Tina Turner (la force qui se réincarne en une seule vie),  Dalida (ou le poids d’un destin tres noir) , Jacqueline Kennedy  (l’élégance pure), ou encore des reine de la mythologie africaine telles que Pokou, (le renoncement , le courage légendaire), et Nefertiti,ou Cléopatre son «sanctuaire» de muses déborde de personnages atypiques , et parfois contradictoires pour les métiers de la couture....

 

Sa discothèque est fournie en musiques des artistes tels que Ray Charles, Jacques Brel, Charles Aznavour, Dalida,Leo Ferre, Barbara , Edith Piaf, Ottis Reding, Rossini, Mozart, Miriame Makeba, Millie Jackson , Alicia Keys, Cristina Aguillera, Mary j blige , Pink et autres. 

 

Rêveur et perfectionniste, il se définit lui-même comme un postmoderne qui s’inscrit en dehors de toute norme, qu’elle soit culturelle ou technique. Pour lui,  la révolution «communicationnelle» a fait du monde un tout petit village dans lequel toutes les cultures se frottent et se mélangent à un tel degré qu’il devient utopique aujourd’hui de revendiquer ou de rechercher une trajectoire culturelle qui serait chaste.

 

Obsédé du beau, qui a horreur du travail mal fait. Il a une parfaite conscience du rôle de l’argent et sait donc allier le goût de la luxure à la nécessité d’épargner pour assurer son quotidien, réaliser de grandes choses et faire plaisir à ceux qu’il aime.

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